L’acériculture québécoise s’est développée autour d’une espèce emblématique : l’érable à sucre, dont le sirop constitue un produit identitaire, culturel et économique majeur. Toutefois, ce modèle centré sur une seule espèce présente des limites, particulièrement dans un contexte où les conditions climatiques se modifient rapidement et où les producteurs cherchent à sécuriser leur production à long terme. Parallèlement, la forêt québécoise est composée d’une riche diversité d’essences pouvant offrir un potentiel acéricole encore sous exploré. L’idée de diversifier les sources de sève ne repose pas uniquement sur une curiosité scientifique : elle répond également à un besoin économique, à une volonté de réduire les risques et à un intérêt croissant du public pour des produits locaux différenciés. Dans ce paysage en évolution, l’érable rouge se démarque comme une espèce à la fois familière, abondante et étonnamment prometteuse, tandis que d’autres essences forestières telles que le bouleau, le noyer, le hêtre et le peuplier commencent à attirer l’attention pour leurs profils sensoriels uniques.
Article rédigé par Abby van den Berg, Ph. D. Chercheuse indépendante en acériculture et Luc Lagacé, Ph. D. du Centre ACER.