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Colloque 1997

Colloque 2003

    

 

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Le verglas et les érablières :
l’importance du problème et ses répercussions en acériculture.

Actes du colloque acéricole du 18 et 19 octobre 1999
présenté par le Centre ACER inc.  Plessisville, Québec

 

Allocution d’ouverture et mots de bienvenue du président du Conseil

C’est avec beaucoup de plaisir mais également avec fierté qu’au nom des membres du Conseil d’administration et de tout le personnel du Centre Acer je vous souhaite la plus cordiale des bienvenues à cette première édition du colloque annuel organisé par le Centre de recherche, de développement et de transfert technologique en acériculture.

Comme vous le savez sans doute, un des éléments de la mission du Centre ACER et un de ses principaux objectifs consiste à participer activement au développement ainsi qu’à la diffusion des connaissances susceptibles de faire progresser le domaine acéricole. C’est pourquoi, malgré le fait que nous n’en soyons qu’à notre première année complète d’activités et que nos ressources soient limitées, nous avons tout de même tenu à organiser ce type d’événement afin de bien indiquer à tous les intervenants du monde acéricole notre détermination à assumer un certain leadership au niveau de la diffusion de la connaissance scientifique en acériculture.

Mais pourquoi avoir choisi le " verglas de 1998 " comme thème de l’édition 1999 de ce colloque ?

Tout simplement parce qu’il s’agit d’un événement qui a frappé brutalement et tragiquement un nombre considérable de producteurs en plus de provoquer une véritable commotion dans tout le monde acéricole. Encore aujourd’hui, je ne connais aucun acériculteur dont l’érablière a été touchée par cette tempête de verglas et qui ne s’inquiète pas des conséquences à moyen et long terme pour son exploitation.

Malheureusement, comme toutes les tragédies ou les grands événements qui monopolisent pendant un temps l’avant-scène de l’actualité et monopolisent toute l’attention des médias, on peut craindre que ce sujet tombe progressivement dans l’oubli et dans l’indifférence collective en laissant les producteurs et bon nombre d’intervenants acéricoles aux prises avec des situations souvent difficiles à gérer. Même partiels et certainement limités, le support et l’éclairage que pourraient leur apporter la somme des connaissances qui ont été accumulées au cours de deux dernières années ne peuvent donc que leur être utiles et précieux.

C’est dans ce contexte qu’il nous est apparu important de réunir plusieurs de ceux qui ont mobilisé beaucoup de ressources et d’énergie pour d’une part, mesurer l’importance de cet événement et d’autre part, pour en faire le suivi sur le terrain afin de tenter d’en mesurer les effets et d’en prévoir les conséquences. Nous voulons donc leur permettre de dresser un premier bilan des travaux qui ont été réalisés jusqu’à présent. Ce devrait être également l’occasion pour ceux qui maintiennent des protocoles de recherches visant à mesurer les effets à long terme de cette tempête de verglas d’échanger sur les dispositifs en place, de valider les différentes approches et de faire part à la communauté scientifique des premières observations si on ne peut pas encore parler de véritables résultats scientifiques.

Finalement, il nous semble important que toutes les informations disponibles sur cette question soit en quelque sorte validées, colligées et diffusées le plus largement possible (les actes de ce colloque seront intégralement disponibles sur le site Web du Centre Acer aussitôt que les textes des conférences seront disponibles). De cette façon, si un événement de cette nature devait à nouveau survenir (et Dieu nous en préserve !), il serait alors possible d’intervenir plus rapidement et plus efficacement qu’au printemps de 1998 alors qu’une bonne partie des connaissances acquises et des expériences vécues lors du verglas de 1983 n’ont pu être utilisées faute d’avoir été adéquatement publiées à l’époque.

Les conférenciers qui ont accepté généreusement de partager avec nous leurs expertises au cours des deux prochains jours n’ont vraiment en commun que leur intérêt pour cette tempête de verglas. En effet, comme vous pouvez le constater en prenant connaissance du programme du colloque, vous verrez qu’ils nous proviennent de toutes les régions affectées par cet événement météorologique soit du Nord des États-Unis, de l’Ontario et, bien évidemment, du Québec. Ils s’intéressent à des sujets aussi variés que la climatologie, la foresterie, l’écophysiologie ainsi que de la régie des équipements d’exploitation. Les conférenciers de la première journée vont surtout nous parler de la tempête de verglas elle-même et de ses effets sur les érablières en tant que peuplements forestiers. Les conférences qui s’intéressent plus à l’arbre et aux conséquences du verglas sur la productivité de l’érablière ont été regroupées pour vous être présentées au cours de la deuxième journée.

J’espère que vous participerez activement à ce colloque et que les informations qui vous seront communiquées au cours de ces deux journées sauront vous être utiles. Avant de céder le micro à l’animateur de la journée, permettez-moi de remercier l’équipe de chercheurs du Centre ACER basée à Québec et plus particulièrement M. Stéphane Guay qui a brillamment pris la relève de M. Jean-Pierre Renaud pour l’organisation général du colloque ainsi que M. Guy Boudreaut pour le soutien technique et la préparation des documents qui vous ont été remis à l’entrée.

Je voudrais également souligner la collaboration d’un autre membre du Conseil d’administration du Centre ACER; l’Institut Québécois de l’érable. Sa directrice générale, Mme Claire Bergeron et son équipe ont pris en charge l’organisation matérielle ainsi que de toute la logistique du Colloque.

Bonnes journées à toutes et tous et bon colloque.

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La tempête de verglas de janvier 1998 - Perspectives météorologiques et climatologiques.

Denis Gosselin, Env. Canada

La tempête de verglas qui a affecté principalement le sud-ouest du Québec du 5 au 10 janvier 1998 constitue un événement hors du commun à plusieurs égards. En plus de perturber gravement plusieurs sphères d’activités humaines, la tempête a eu des répercussions majeures sur la faune et surtout la flore des régions touchées. La présentation porte sur divers aspects météorologiques et climatologiques qui permettent de mieux comprendre ce qui s’est passé pendant la durée de la tempête et de la situer par rapport à des événements semblables survenus antérieurement. Le contenu de la présentation s’inspire en majeure partie du rapport sur la tempête publié par Environnement Canada à l’automne 1998, le tout complété par divers éléments d’information récemment obtenus sur le sujet.
Après une brève introduction portant sur la structure organisationnelle d’Environnement Canada- Région du Québec, la présentation débute par une description des conditions météorologiques favorables à la pluie verglaçante au Québec, d’un point de vue local d’abord et à grande échelle ensuite. Les principales caractéristiques des réseaux d’observations météorologiques et climatologiques sont ensuite sommairement présentées. La partie suivante porte sur l’évolution de divers éléments météorologiques (températures, précipitations, vents et autres) à quelques stations d’observations pendant la tempête ainsi que sur la répartition géographique des quantités respectives des différents types de précipitations reçues. La présentation s’attarde ensuite sur la climatologie de la pluie verglaçante qui est mise à contribution pour tenter d’évaluer le plus précisément possible l’importance de la tempête de janvier 1998 par rapport aux événements antécédents de pluie verglaçante répertoriés à l’aide des données historiques disponibles. La dernière partie de la présentation explore les liens possibles entre la tempête de verglas et d’autres composantes du climat (El Niñ o, les gaz à effet de serre, les changements climatiques) avant la conclusion qui résume les éléments d’information les plus pertinents.

  

Dommages causés par le verglas dans les érablières exploitées pour le sucre et les forêts naturelles du Projet Nord-Américain de l’Érable (NAMP)

P.Desrochers , Ressources naturelles Canada Service canadien des forêts - Centre de foresterie des Laurentides

La forêt ancienne du mont Saint-Hilaire a gravement été touchée par la tempête de verglas de janvier 1998. Différents projets ont été entrepris afin de quantifier les dommages causés par le verglas, de déterminer la susceptibilité de chaque espèce affectée, ainsi que de suivre à long terme les effets de la tempête. Des quadrats permanents placés à la grandeur de la montagne et deux placettes de suivi à long terme SI/MAB ont été utilisés pour effectuer les travaux. Afin de quantifier les dommages causés par la tempête, trois méthodes ont été utilisées. On a premièrement évalué la biomasse des débris tombés au sol. Deuxièmement, on a évalué les changements dans l'ouverture de la canopé en comparant des photos hémisphériques digitalisées pré- et post-verglas. Finalement, tous les arbres présents dans les quadrats et les parcelles ont été évalués pour leur dommage général selon une échelle allant de 1 à 5, 5 représentant le niveau le plus élevé de dommage. La tempête a produit près de 19.9 tonnes métriques ou 33.6 m3 de débris de bois par hectare. Cette quantité équivaut à environs 20 fois la quantité normale de débris qui tombe au sol par année et représente une perte d'environs 7.2-10.2% de la biomasse totale se trouvant dans la forêt au-dessus du sol avant la tempête. Les photos hemisphériques montrent que les pourcentages d'ouverture de la canopé pré-verglas se situent entre 8-22%, alors que les pourcentages après-verglas se situent entre 12-47%. La grande majorité des espèces communes d'arbre ont été sévèrement endommagées, et la majorité des arbres ont un dommage général de niveaux 3 (25-50% de la cime affectée) et 4 (plus de 50 % de la cime endommagée, branches toujours présent

 
Effet du verglas de janvier 1998 sur la dynamique forestière d’une forêt ancienne.

Christiane Lareau, Jacques Brisson, Jeanne Millet, André Bouchard, Marilou Beaudet, Maryse Bouchard et Christian Messier (IRBV et GREFI)

 

La réserve écologique du Boisé-des-Muir est une érablière à hêtres et à pruches de 11 hectares qui n’avaient pas subi de perturbation majeure. Au cours de la tempête de verglas de janvier 1998, elle recevait environ 70 cm de pluie verglaçante, causant des dommages parfois importants aux arbres. L’objectif central poursuivi par la présente étude est d’évaluer les effets à court terme du verglas sur la dynamique forestière du boisé et d’énoncer des prédictions sur ses effets à plus long terme. Pour ce faire, nous avons mesuré les dommages et entrepris un suivi sur la santé et les reprises chez les arbres et les gaulis, mesurer les changements de croissance chez la régénération préétablie et évaluer les changements de composition dans les strates herbacée et arbustive. De plus, un suivi a été entrepris dans une érablière aménagée voisine pour fins de comparaison. Plus de 80 % des arbres de la réserve ont été endommagés par le verglas, mais l’importance du dommage varie grandement selon l’espèce. Par exemple, la majorité des tilleuls ont perdu plus de 50 % de la cime, alors que plus de 70% des pruches ne montrent aucun dommage. Les tilleuls et les caryers qui avaient été endommagés ont produit une grande quantité de longs rejets comparativement aux autres espèces. Le hêtre est l’espèce qui semble le moins être en mesure de compenser pour les pertes de branches causées par le verglas. Peu des gaulis qui ont courbé sous le verglas sont parvenus à se redresser complètement. La légère différence entre les dommages causés aux arbres de la réserve et de l’érablière aménagée serait principalement due à l’effet indirect de l’aménagement sur la composition et la structure de la forêt, ainsi que sur l’âge, la croissance ou l’architecture des arbres.
Une plus grande transmission de la lumière en sous-bois a entraîné une hausse de croissance dans la régénération préétablie, un envahissement par des espèces herbacées de lumière, mais pas d’établissement massif de nouveaux semis d’arbres. L’importance des changements dans la composition et leur persistance dans l’écosystème dépendront grandement du temps que prendra la voûte forestière à se refermer.

 
Effets de la tempête de verglas sur une forêt ancienne dominéee par Acer saccharum et Fagus grandifolia.

S. Duguay, K.Arii, M. Hooper, M. Lechowicz. Université McGill

La forêt ancienne du mont Saint-Hilaire a gravement été touchée par la tempête de verglas de janvier 1998. Différents projets ont été entrepris afin de quantifier les dommages causés par le verglas, de déterminer la susceptibilité de chaque espèce affectée, ainsi que de suivre à long terme les effets de la tempête. Des quadrats permanents placés à la grandeur de la montagne et deux placettes de suivi à long terme SI/MAB ont été utilisés pour effectuer les travaux. Afin de quantifier les dommages causés par la tempête, trois méthodes ont été utilisées. On a premièrement évalué la biomasse des débris tombés au sol. Deuxièmement, on a évalué les changements dans l'ouverture de la canopé en comparant des photos hémisphériques digitalisées pré- et post-verglas. Finalement, tous les arbres présents dans les quadrats et les parcelles ont été évalués pour leur dommage général selon une échelle allant de 1 à 5, 5 représentant le niveau le plus élevé de dommage. La tempête a produit près de 19.9 tonnes métriques ou 33.6 m3 de débris de bois par hectare. Cette quantité équivaut à environs 20 fois la quantité normale de débris qui tombe au sol par année et représente une perte d'environs 7.2-10.2% de la biomasse totale se trouvant dans la forêt au-dessus du sol avant la tempête. Les photos hemisphériques montrent que les pourcentages d'ouverture de la canopé pré-verglas se situent entre 8-22%, alors que les pourcentages après-verglas se situent entre 12-47%. La grande majorité des espèces communes d'arbre ont été sévèrement endommagées, et la majorité des arbres ont un dommage général de niveaux 3 (25-50% de la cime affectée) et 4 (plus de 50 % de la cime endommagée, branches toujours présent

   

Dommages dus au verglas dans un jeune peuplement de bouleau jaune en Estrie.

Richard Zarnovican, Ressources naturelles Canada Service canadien des forêts - Centre de foresterie des Laurentides

La forêt feuillue du sud de Québec a été endommagée à des degrés divers par le verglas de janvier 1998. Dans le cas de jeunes peuplements feuillus, aménagés pour la production du bois d'oeuvre, les données sur les dommages sont plutôt rares. Devant cette situation, une étude a été réalisée dans un jeune peuplement de bouleau jaune, afin d'évaluer l'importance des dommages et les relations avec l'essence, la position sociale de l'arbre, ainsi que le traitement sylvicole. Les résultats obtenus à l'aide des modèles log-linéaires indiquent que le bouleau jaune est une essence beaucoup plus sensible au verglas que l'érable à sucre et le frêne d'Amérique. En ce qui concerne l'éclaircie précommerciale, on note que le bouleau jaune présente des dommages plus importants à la suite d'une éclaircie forte par le bas ( la norme provinciale en vigueur ) que sans traitement sylvicole ou à la suite d'une éclaircie mixte modérée.

 

Operational Assessment of Ice Damaged Sugar Bushes In Eastern Ontario and Early Signs of Recovery.

Dave Chapeskie, R.P.F., Ontario Ministry of Agriculture, Food and Rural Affairs

The January 1998 ice storm caused the most serious and widespread damage to sugar bushes ever known to occur in eastern Ontario. An estimated 25% of Ontario’s commercial maple syrup industry or 300 commercial sugar bushes supporting 300,000 taps were affected by the storm.
From January 5th to January 9th the build-up of ice on the maple branches reached phenomenal levels, often between two and three inches. Tree and branch breakage and bending of trees exceeded damage in any previous wind or ice storm recorded in eastern Ontario. The last widespread ice storm in eastern Ontario occurred 56 years earlier in 1942 (Coons, 1999).
The Ontario Ministry of Agriculture, Food and Rural Affairs working in partnership with the Ontario Ministry of Natural Resources and the Ontario Maple Syrup Producers Association designed and implemented a comprehensive assessment system for commercial sugar bushes damaged by the ice storm. The information derived from a detailed ground inventory was used as the basis to provided financial assistance to commercial sugar bush owners and as a partial basis for the location of applied research plots. The information will also be used to support the development of plans to aid the recovery of individual sugar bushes. As part of the assessment, loss of live crown was estimated for sugar maple as well as for important species associates.
In 51% of the 278 commercial sugar bushes assessed, the tapped maple trees 10 inches (25 cm) in diameter suffered at least 50% loss of live crown. Damage varied greatly from sugar bush to sugar bush. Important factors affecting the degree of damage included exposure to the northeast winds, stand density, physical characteristics of the trees (ie. strength of branches, architecture of the crown, size of the tree etc.)
In Ontario, the impact of the ice storm is being closely monitored through a network of research plots. Sugar maple has been slower than most of its species associates to show the development of previously dormant buds. In 1999, the development of numerous shoots in the damaged crown is quite apparent on many sugar maple trees, regardless of age. At the same time, some sugar maple trees are showing little if any evidence of re-growth of crowns. It is expected that the survival and re-growth potential of individual trees will depend on their health at the time of the ice storm, environmental conditions after the ice storm and genetic factors. While the early evidence of re-growth of sugar maple crowns is encouraging, the short and longer-term impact of the storm on the health and productivity of sugar bushes is unknown and must be determined through research activity.

  
Impact du verglas de 1998 sur les populations de coléoptères associés à la matière ligneuse dans les érablières du Québec.

Georges Pelletier, Ressources naturelles Canada
Service canadien des forêts - Centre de foresterie des Laurentides

L’objectif de ce projet est d’amorcer un suivi environnemental visant à évaluer les impacts de la tempête de verglas sur la santé actuelle et future des érablières en utilisant les Coléoptères comme bio-indicateurs. Le piège retenu est le piège de Lindgren, qui a permis d’évaluer les populations des insectes perceurs du bois et celles des espèces s’alimentant sur la sève suintant des blessures. Un seul piège a été installé dans chaque site en 1998 avec de l’éthanol 70% comme attractant.
En 1998, nous avons sélectionné 16 sites à travers le sud du Québec : 3 érablières affectées et aménagées (VA), 5 érablières affectées et non aménagées (VN), 2 érablières non affectées et aménagées (IA), 6 érablières non ou peu affectées et non aménagées(IN). En 1999, nous avons retenus 7 stations mais chacune d’elles contenait 3 pièges.
Les dommages dû au verglas ont été évalués en terme de % de branches cassées. Les espèces ont été analysées en groupes trophiques en fonction de leur niche alimentaire.
D’après les analyses préliminaires, le verglas semble avoir eu un impact très significatif chez les Coléoptères succivores. En effet, cinq des six stations ayant subies fortement le verglas ont vu leurs populations surabondées par rapport à l’ensemble des autres stations.
Les xylophages sont répartis environ également entre les érablières affectées par le verglas et celles ayant été faiblement ou pas affectées par le verglas. Ceci s’explique par le fait que la majorité des spécimens étaient à l’état de larves avancées ou de pupes lors du verglas. Cette année, nous avons évalué l’impact du verglas chez la nouvelle génération de ce groupe trophique. Les résultats de cette année vont possiblement être analysés pour la conférence.

  
Effets des dommages consécutifs au verglas sur la coulée de l’érable à sucre en Montérégie-ouest durant les printemps 98 et 99.

Par André Vézina, I.T.A . de La Pocatière et Marcel Moreau, B.R.A. Côteau-du-Lac

Suite au verglas de janvier 1998, on a eu droit à beaucoup d’hypothèses pour prédire l’impact de ce sinistre sur la production acéricole. Pour qualifier le degré d’affectation des érablières, on les a regroupées selon quatre classes de dommages exprimées en pourcentage de cime brisée : 0-20%, 21-40%, 41-60% et 61% et plus. L’objectif de cette étude consiste à vérifier s’il y a une relation entre le pourcentage de cime brisée par le verglas et la quantité d’eau récoltée et sa teneur en sucre. Ces deux paramètres ont été mesurés dans deux érablières situées en Montérégie-ouest, durant les printemps 1998 et 1999.
Les érables complètement écimés (poteaux) ont donné le tiers du volume moyen d’eau récoltée chez les érables écimés entre 0-20 % et ils ont coulé durant tout le printemps en 1998. Si on exclue les données liées aux poteaux, on n’observe pas de différence significative entre les volumes moyens d’eau récoltée, quelque soit la classe de dépérissement, en 1998 et en 1999. Lorsqu’exprimés sur la base des résultats de la classe 0-20, on observe toutefois un déclin de 1998 à 1999 des volumes d’eau dans les autres classes de dommages.
Dans les deux érablières étudiées, les teneurs en sucre, dont les moyennes se situent entre 2,0 et 2,5 degrés Brix, ne varient pas significativement d'une classe de dommage à l'autre.

 
Effet du verglas sur la croissance et les réserves des érables de la Montérégie.

Marie-Josée Lavoie et Yves Mauffette , UQAM

L’étude sur les réserves carbonées et la croissance des érables à sucre a été entreprise suite à la tempête de verglas. Des échantillons de troncs et de branches ont été prélevées après la première année de croissance soit en octobre 1998. Les racines ont été échantillonnées seulement la seconde année soit en mai 1999 et une autre série d’échantillonnage est prévue pour la fin octobre 1999. Les classes de dommages attribuables aux pourcentages de branches endommagées sont réparties entre 0-30%; 30-60%; 60%>. La répartition des classes est faite à l’intérieur de 24 placettes dont la moitié sont des érables entaillés et l’autre non. L’extraction est faite en ajoutant une solution de méthanol :chloroforme :eau (12 :5 :3) aux échantillons de bois broyés. La fraction de sucres solubles est analysée par chromatographie liquide à haute pression (HPLC). Le résidu est traité avec l’amyloglucosidase pour en extraire l’amidon. Le dosage de cette dernière fraction est aussi effectué par le HPLC. Seul quelques résultats sont présentement disponibles pour les concentrations des sucres solubles et de l’amidon. De plus, des colliers verniers ont été mis en place sur chacun des arbres des placettes pour permettre une corrélation entre les réserves carbonées et la croissance. Une troisième année d’étude est prévue pour la prochaine saison de croissance soit à l’an 2000. Ces données permettront de vérifier que la reprise en réserves amylacées des racines sera plus faible pour les arbres ayant 60% de dommages à leurs branches que ceux ayant subit moins de dommages. On peut aussi prévoir que les sucres solubles contenus dans les troncs diminueront graduellement par classe de dommages et de façon décroissante avec les années. Cela permettra aussi d’observer que les pousses annuelles auront un taux constant de sucres solubles et d’amidon par classe de dommages en comparaison aux troncs et aux racines.

 
Ice Storm Effects on Sugar Maple Root and Stem Carbon Reserves.

T.D. Perkins1, B.L. Wong2, T.R. Wilmot1 and K.L. Baggett2.
1 Proctor Maple Research Center, University of Vermont, Underhill Ctr., VT 05490
2 USDA Forest Service, Northeast Forest Exp. Stat., S. Burlington, VT 05403

We investigated the effects of the January 1998 ice storm on root and stem carbon reserves in sugar maple after the first growing season. Root and stem cores were collected from five trees in each of five damage classes (crown loss 0-10%, 11-25%, 26-50%, 51-75%, and >76%) in two different stands in October 1998. Cores were homogenized in 80% ethanol and separated into soluble and insoluble carbohydrate fractions. The soluble fraction was analyzed using high pressure liquid chromatography for concentrations of sucrose, glucose, fructose, stachyose, raffinose, and xylose (and total sugar concentration). The insoluble wood pellet was hydrolyzed with amyloglucosidase and assayed colorimetrically for glucose. Starch concentrations were then calculated from standard curves.
Levels of root starch in both stands were highly correlated with crown damage (r2 0.92, 0.97), with higher levels of crown loss associated with reduced root starch concentrations. Starch concentrations in the highest damage class were an average of 58% lower than in relatively undamaged trees. Stem starch levels were more variable (r2 0.52, 0.76), but also showed a tendency towards reduced concentrations with higher crown damage, with an average reduction of 41% in stem starch from the lowest damage class. Neither total sugar nor any individual sugar components showed clear trends with respect to crown loss in either root or stem tissue.
We will be estimating foliar regrowth in September 1999 and resampling stem and root cores from these same trees in October 1999. We will also examine growth (using stem cores) and survival. In the spring of 2000, we will measure the total amount and sugar concentration of sap produced by these trees to determine whether the trends we observe in root and stem starch affect production.

 
Science and research following the 1998 ice storm in Ontario.

R.A. Lautenschlager, Ont. For. Res. Inst.

La tempête de verglas de 1998, qui a provoqué d'importants dégâts de l'est de l'Ontario jusqu'aux Maritimes, a entraîné plusieurs questions économiques et écologiques au sein des gouvernements, et des groupes impliqués du public et des intervenants.
Nous soulignons dans cet exposé comment le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, en collaboration avec d'autres organismes, a élaboré des réponses à court et à long terme à ces questions. Les efforts ont déjà permis de produire: 1) un inventaire aérien à faible attitude des forêts endommagées; 2) des bulletins d'information technique pour les propriétaires de maison et de terrains boisés, les producteurs de sirop d'érable, les propriétaires de plantation, les agences reliées aux ressources naturelles et pour les municipalités; 3) de l'information pour les médias et les groupes d'éducation en ressources naturelles; 4) des techniques standardisées et de la formation pour évaluer les dégâts et faire des recommandations; des revues de littérature et des synthèses; et 6) des lignes directrices d'aménagement. De plus, un essai de manipulation des peuplements d'érable à sucre a été initié afin de documenter: 1) les effets de l'entaillage sur le rétablissement de l’érable à sucre; 2) le potentiel des traitements curatifs (addition de fertilisant seul ou en combinaison) pour accélérer le rétablissement ou minimiser les dégâts subséquents; 3) les effets des dégâts et des traitements curatifs potentiels sur la production de sève, et 4) certaines conséquences écologiques des dégâts et des traitements curatifs. La recherche pour examiner les effets des dégâts sur les boisés et les plantations permettra: 1) de quantifier les dégâts dans des parcelles représentant plusieurs types de forêts, plusieurs de ces parcelles mises en place et mesurées avant la tempête 2) d'étudier les probabilités de maladie, de décoloration, de pourriture et d'attaque par les insectes dans les peuplements de feuillus et de conifères; 3) de documenter les réactions des insectes suite aux dégâts dans les plantations de pin rouge; 4) de développer des outils d'aide à la prise de décision sur une base économique en ce qui concerne les décisions d'aménagement tant locales que régionales, pour les pinèdes et les érablières endommagées; et 5) de documenter les conséquences biologiques et économiques des opérations de sauvetage et de nettoyage. A ce jour, les efforts scientifiques ont permis d'établir des recommandations touchant les problèmes spécifiques des intervenants, tandis que la recherche permettra de développer une nouvelle connaissance sur les dégâts dus au verglas et les traitements curatifs potentiels.

 
Procédure d’intervention dans les érablières endommagées par le verglas.

Gabriel Roy, ing. f., M.Sc., Ph.D. Ministère des Ressources naturelles, Jean-Pierre Carpentier, ing.f., M.Sc., Ph.D., Forêt Québec, Bruno Boulet, ing. f.,M.Sc., Direction de la Conservation , Forêt Québec

Le verglas de janvier 1998 a endommagé les érablières du sud du Québec à des degrés divers. Les producteurs acéricoles et les propriétaires de boisé forestier ont alors demandé des recommandations de techniques sylvicoles afin de rétablir l’équilibre écologique dans les érablières et d’entraver le moins possible les activités forestières et acéricoles. À partir des observations réalisées par le passé dans les boisés lourdement endommagés par le verglas, ainsi que des résultats de recherche dans les domaines de l’écologie des érablières, du dépérissement en cime des feuillus et de l’aménagement acérico-forestier, nous avons élaboré une stratégie d’intervention dans les érablières affectées par le verglas.
Cette procédure est basée sur les points de vigueur et sur les séries évolutives de l’érablière. L’objectif consiste à intervenir dans une érablière afin de minimiser l’impact des trop grandes ouvertures sur la perte de vigueur des arbres et la dégradation prématurée des tiges. Les critères à respecter sont fondés à la fois sur une surface terrière résiduelle minimale et une intensité maximale d’éclaircie, visant à récupérer en priorité le bois d’œuvre en perdition qui risque de se dégrader au cours des prochaines années. Elle consiste également à conserver aux espèces compagnes, voire même à leur redonner la place qu’elles méritent dans l’écosystème. Cette procédure vise essentiellement à fournir aux intervenants forestiers des lignes directrices destinées à évaluer l’état du peuplement, des dommages dus au verglas et de la régénération dans le but d’obtenir l’information nécessaire à la prescription d’un calendrier d’intervention adapté à une situation particulière. C’est cette procédure qui a servi dans le programme d’aide aux propriétaires de boisés affectés par le verglas.

 
Fertilization in ice storm recovery research of sugar maple:
soil and foliar analysis techniques.

V. R. Timmer, Faculty of Forestry, University of Toronto. ON

The aftermath of the 1998 ice storm in south eastern Ontario has led to integrated interdisciplinary research designed to speed recovery of and mitigate further damage to sugar maple stands. Liming (2000 kg/ha as dolomitic limestone) and fertilization with P and K (at 200 kg/ha each) are remedial practices being tested on a series of stands that will be monitored closely employing soil and foliar analysis systems. Standardized treatments in a common experimental design have been applied to 36 sugar maple woodlots established on a broad range of stand, site, and damage conditions in the region affected by ice storm damage. First-season soil and leaf chemistry are expected to reflect short term nutrient responses of the trees, hence the intention is to determine if early impacts are useful for predicting long term growth and product responses. Soil tests and foliage analyses will also be evaluated for nutrient diagnosis and prescription of fertilizer amendments in relation to ice storm sensitivity, recovery processes, sap production, site quality measures, and past management practices. Most of these diagnostic techniques, however, have not been rigorously calibrated or validated for sugar maple stands, particularly for those susceptible to ice storm injury. The large data base of standardized, region wide fertilization trials will provide the opportunity to develop, calibrate and demonstrate the application of these techniques in an operational setting. This presentation will focus on how foliar vector diagnosis and vector competition analysis can be applied to the silviculture and management of sugar maple bushes. Treatment induced changes in nutrient composition and leaf size, and interactions between nutrients may also explain the mechanisms and processes contributing to tree response.

 
Conséquences du verglas sur la pérennité ainsi que sur la productivité à moyen et long terme de l’érablière en fonction des dommages subis.

Gaston B. Allard, Centre ACER inc.

Parmi les constats qui se sont rapidement dégagés suite à la tempête de verglas de 1998, on doit souligner l’incapacité des experts (et principalement ceux en contact fréquent avec les acériculteurs) d’expliquer les conséquences de cet événement météorologique sans véritable précédant bien documenté sur la pérennité et sur la productivité à moyen et long terme des érablières sur la base des dommages immédiatement observables.
Le réseau d’érablières mis en place par le Centre Acer Inc. veut modestement tenter de palier à ce manque d’information et notamment en ce qui à trait au pronostic de survie de l’érable en fonction de l’importance de la cime résiduel, l’effet des dommages sur le potentiel de coulée des érables et finalement, les paramètres les plus significatifs qui déterminent la rapidité avec laquelle les arbres vont déployer une cime de remplacement.
Ce réseau qui comptait trente (30) érablières au printemps de 1999 a été ramené à 24 au cours de l’été dernier et chacune fera l’objet de mesures et d’observations au cours des dix prochaines années. Il s’agit d’un échantillonnage évidemment trop faible pour obtenir une mesure fine et précise de l’ensemble des variables qui seront mis en relation avec l’importance des dommages causés par le verglas. Les premiers résultats qui seront livrés dans le cadre de cet exposé, même s’ils doivent être interprétés avec prudence, nous permettent cependant de jeter un éclairage original sur plusieurs des questions que se posait le monde acéricole au sortir de cette mémorable tempête et à la veille d’une saison de production que plusieurs voyaient, comme d’ailleurs le potentiel à long terme de ces érablières, fortement compromis

 

 

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