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| Chimie
des produits de l'érable (1 de 3) |
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Mise au point dun outil de mesure
rapide permettant dévaluer la tendance dune sève à donner un sirop ayant un
défaut de goût majeur |
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Bon an mal an, lindustrie acéricole doit essuyer des pertes de revenus liées au
déclassement de sirop pour cause de goût indésirable. Les sirops trop foncés
représentent eux aussi une cause de perte de revenus. Lobjectif de ce projet était
donc de développer des outils de mesure utilisables à lérablière permettant
dévaluer la qualité micro-biologique de la sève, comme indice de lapparition
de goût indésirable dans le sirop et permettant dévaluer le taux de sucres
invertis de la sève, comme indice de la tendance de la sève à donner un sirop foncé
ayant un goût de sucre cuit (caramel) prononcé.
Des sèves dont le compte bactérien est supérieur à 107 ufc/ml peuvent donner
des sirops sans défaut de goût. Le test à la résazurine donne trop souvent des
faux-positifs tant pour évaluer le compte bactérien que pour prédire la présence de
goût étranger dans le sirop. De même, nous constatons que la flore de la sève
nest pas toujours acidifiante et que les baisses de pH observées ne sont pas
toujours suffisamment sensibles pour être détectables à laide de bâton
indicateur. Cependant, au cours dautres travaux, des cas extrêmes de baisse de pH
de plus de 2 unités ont déjà été observés, les sirops correspondants étant
indéniablement mauvais. On devra donc approfondir les connaissances concernant
leffet de la flore de la sève sur le goût du sirop, selon sa nature et/ou selon
ses conditions de croissance.
La mesure de la teneur en glucose de la sève par le glucomètre sest avérée être
suffisamment sensible et précise pour être un indice valable de prédiction de la
tendance du sirop obtenu à être caramélisé et plus foncé, bien que dautres
facteurs que la présence de glucose peut amener la production de sirops foncés. La
facilité dutilisation de cet appareil en fait un outil potentiel pour évaluer la
qualité dune sève et sa tendance à donner un sirop de qualité commerciale
inférieure par sa couleur plus foncée et par son goût caramélisé qui masque alors les
saveurs fines dérable.
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| À propos de la qualité minérale de leau utilisée en
érablière |
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Dans létablissement de bonnes pratiques de production, toutes les étapes de
fabrication doivent être examinées. En érablière les sources deau sont de
types variés comme les puits de surface, le concentré dosmose inverse ou le
condensat de hotte. De plus, la tuyauterie et les réservoirs dont on se sert pour
les recueillir sont faits de divers matériaux (plastique, cuivre, acier galvanisé, etc.)
qui ne sont pas toujours chimiquement inertes. Lanalyse des prélèvements
deau faits chez quelques producteurs au cours de la saison 1997, nous ont permis de
vérifier comment la nature de ces matériaux peut influencer la qualité des différents
types deau disponibles en érablière.
Le filtrat dosmose a un pH suffisamment acide pour qualifier ces eaux de corrosives
au sens des normes de leau potable. Cette acidité rend possible la
dissolution de cuivre, de fer ou de zinc dépendant des matériaux avec lesquels le
filtrat est en contact. Si le temps de contact est prolongé au-delà de 24 heures,
les teneurs sont encore plus importantes et il y a un risque important que ses
propriétés organoleptiques soient altérées. Cette eau nest alors pas utilisable
pour la dilution du sirop. De plus, pour éviter les problèmes de colmatage de
membrane dosmose inversée par les oxydes de métaux, on devra préférer les
matières inertes comme lacier inoxydable ou les plastiques alimentaires pour
lentreposage du filtrat et limiter la durée dentreposage à quelques heures
si on désire lutiliser pour le rinçage des membranes.
Le condensat de hotte est aussi suffisamment acide pour être considéré corrosif.
La teneur en matières solides dissoutes des condensats recueillis dun dôme
daluminium est si élevée que la sapidité de ces eaux est compromise. De
même, les condensats de hotte recueillis sur lacier inoxydable ont une teneur en
fer plutôt élevée qui dépasse parfois le seuil acceptable de leau potable.
Lutilisation dun préchauffeur en cuivre amène des teneurs en cuivre
dépassant les normes de leau potable. À cause de leurs piètres qualités
minérale et organoleptique, les condensats de hotte ne peuvent être considérés comme
de leau potable. Lusage quon peut faire de ces eaux est donc
limité (lavage de plancher, récurage des casseroles dévaporateur, etc.) et on
devra sassurer davoir à lérablière une autre source deau qui
rencontre les normes de leau potable.
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| Modification
des propriétés du sirop d'érable pour des applications spécifiques par la modification
biochimique de la sève. |
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Plusieurs produits dérivés du sirop d'érable, comme la tire ou le caramel à
lérable ont une courte vie de tablette par la tendance qu'a le saccharose à y
cristalliser. Ce projet vise la mise au point d'une méthode de fabrication d'un sirop
d'érable inverti, dont les propriétés gustatives ne sont pas altérées, qui permet la
fabrication de produits dérivés sans cristallisation. Deux approches sont mises à
lessai : linversion du saccharose dans la sève concentrée par osmose
inversée soit par laction des levures qui y sont naturellement présentes ou par
laction dune invertase commerciale. En laissant "maturer" le
concentré d'osmose inversée, à la température ambiante (< 10°C) pendant 10 à 20
heures, on obtient un faible taux dinversion variant de 0 à 3,3%. Un compte de
levures faible est certainement en cause. Le pH peu acide ou parfois alcalin (6,4 à 7,4)
et les faibles températures nont pas favorisé le développement et laction
des levures. Dans les mêmes conditions de températures et de temps, linversion
enzymatique du concentré dosmose inversée par l'ajout dune invertase
commerciale, a donné de meilleurs résultats. Les taux dinversion obtenus varient
de 40 à 100% sans altération du pH. Les sirops obtenus à partir de ces concentrés
invertis mélangés au réduit de la veille resté dans lévaporateur ont un taux
dinversion variant de 0,8 à 8,5%. Daprès lévaluation des
acériculteurs impliqués, cette méthode dinversion napporte pas de mauvais
goût au sirop. Le caramel produit avec le sirop le plus inverti obtenu (8,5% de sucre
inverti) a eu moins tendance à cristalliser que le caramel témoin fabriqué avec un
sirop non inverti. Pour obtenir un caramel stable, il faut cependant contrer leffet
de diminution de viscosité amené par lutilisation dun sirop inverti par une
cuisson prolongé de quelques degrés. Dautre part, des essais parallèles à ce
projet ont montré quun caramel préparé à partir de 50% dun sirop inverti
à 80% na pas cristallisé même après un an dentreposage. La méthode
dinversion du sirop nest cependant pas maîtrisée. La stabilité de ce
caramel est une incitation à de nouveaux essais dinversion enzymatiques de la sève
en visant un taux dinversion de 40 à 60 % dans le sirop.
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Intégrité
des produits d'érable : identification des principaux contaminants potentiels, de leur
teneur et des facteurs influençant cette teneur.
Troisième partie : Les résidus de produits de lavage :
les résidus potentiels de lhypochlorite de sodium |
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Les résidus de produits de lavage des équipements venant en contact avec un aliment sont
des contaminants potentiels. Dans le cas du sirop dérable, le produit recommandé
lors du lavage des tubulures et des réservoirs servant à la récolte de la sève est
lhypochlorite de sodium. Le but de ce travail est donc de vérifier si les teneurs
les plus élevées de sodium détectées dans des sirops dérable prélevés chez
des producteurs :
sont
causées par lusage dhypochlorite de sodium lors du lavage du réseau de
tubulure ;
affectent le goût du
sirop ;
sont liées à la
présence dune quantité détectable de composés organochlorés.
Quelque 250 échantillons
de sève à lentaille, autant de sèves au réservoir et leurs sirops correspondants
ont été prélevés au printemps 1995 dans 90 érablières réparties dans 6 régions
administratives du Québec. La teneur en sodium de ces échantillons a été déterminée
par spectrométrie démission au plasma dargon (ICP). Les échantillons de
sirop présentant un taux de sodium supérieur à 50,0 ppm ont été soumis à une analyse
sensorielle, pour y détecter le goût salé et ont été soumis à un test exploratoire
pour détecter la présence de composés organochlorés. Les teneurs en sodium des sèves
à lentaille et des sèves au réservoir sont très faibles, généralement
inférieures à 0,20 ppm. Dans le sirop, les teneurs en sodium observées demeurent
inférieures à 10,0 ppm pour la majorité des échantillons. Quelque 10 échantillons de
sirop provenant de 8 érablières sécartent de lensemble des résultats et
ont des teneurs supérieures à 50,0 ppm. Lanalyse sensorielle de ces 10 sirops
montre que leur taux de sodium (de 51,8 à 261 ppm) ne savère pas suffisamment
élevé pour conférer au sirop un goût salé. Aucun composé organochloré reconnu
toxique na été détecté dans ces sirops à teneur plus élevée en sodium.
Malgré un usage répandu dhypochlorite de sodium parmi les producteurs ayant
participé à ce projet (57%), peu de sirops ont une teneur élevée en sodium. Ces
résultats indiquent que dans les limites dun usage normal lors du lavage des
tubulures, lhypochlorite de sodium na pas dincidence sur
lapparition de goût salé dans le sirop et sur linnocuité du sirop.
Dautre part, lutilisation de lard salé pour contrôler le gonflement à
lévaporation est une autre source potentielle de sodium.
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Intégrité
des produits d'érable : identification des principaux contaminants potentiels, de leur
teneur et des facteurs influençant cette teneur.
Première partie : Le plomb, le cadmium, le cuivre, le fer et le zinc
apport naturel et technologique dans la sève et le sirop |
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L'industrie acéricole, afin de mieux définir ses critères de qualité, a voulu se doter
d'un portrait scientifiquement valable des contaminants potentiels des produits
acéricoles, de leurs origines (naturel ou technologique) et de leurs niveaux de
contamination. À cause de sa toxicité, le plomb est un des premiers contaminants
potentiels visés. Il en est de même pour le cadmium. Le cuivre, le fer et le zinc sont
les autres éléments visés parce quils sont des constituants des équipements
acéricoles. Afin de pouvoir préciser la problématique dune éventuelle
contamination au plomb des produits acéricoles, un plan déchantillonnage qui tient
compte de leffet du début de saison et de la taille de lérablière a été
établi.
La probabilité de retrouver théoriquement des teneurs en plomb supérieures à 0,250 ppm
dans le sirop par le seul apport de la sève à lentaille, est faible (6
échantillons sur 234 ou 4 érablières sur 90) mais nest pas nulle. Cependant, pour
la majorité des échantillons, que les teneurs soient faibles ou plus ou moins élevées,
le plomb présent dans le sirop dérable est principalement dorigine
technologique provenant vraisemblablement de soudures à létain et plomb.
Loccurrence de teneur en plomb supérieure à 0,250 ppm dans le sirop est plus
élevée parmi les érablières de plus petites tailles, là où on peut retrouver
léquipement moins récent soudé à létain et plomb et où les conditions de
production sont plus sensibles à la contamination (rapport surface/volume des
évaporateurs et fluctuations de coulée). Ces occurrences se retrouvent 21 fois sur 30
parmi les premières coulées. La tendance de la teneur en plomb à être moins élevées
dans les sirops filtrés que dans le sirop avant la filtration, souligne limportance
dune filtration efficace, qui permet de retenir la partie insoluble des composés de
plomb.
La teneur en cadmium de la sève à lentaille est en général très faible, avec
une valeur médiane de 0,0009 ppm. Lévaporation et la filtration éliminent une
bonne partie de cet élément. Le cuivre est présent dans la sève à lentaille. La
valeur médiane des teneurs est de 0,02 ppm mais atteint un maximum de 0,32 ppm. La teneur
en fer de la sève à lentaille est généralement très faible, la médiane étant
à la limite de quantification, soit inférieure à 0,02 ppm. Localement, il peut
cependant y avoir des teneurs atteignant plus de 1,00 ppm. Le procédé
délaboration du sirop (évaporation et filtration) amène dans la
plupart des
cas, lélimination du cuivre et du fer à des degrés divers. Malgré cette tendance
à lélimination, lutilisation déquipement où de grandes surfaces de
cuivre entrent en contact avec la sève, de même que létat des surfaces de fer
oxydable peuvent être la cause dun enrichissement du sirop en ces éléments et
sont à surveiller dans loptique visant lélimination de toutes sortes de
contamination des produits acéricoles. La teneur en zinc de la sève à lentaille
est suffisamment élevée pour considérer cet élément comme un constituant minéral de
la sève plutôt que comme un élément trace. La valeur médiane se situe à 0,21 ppm et
la teneur maximum atteint 4,52 ppm. Lenrichissement en zinc de la sève à
létape de la collecte est pratiquement éliminé aux étapes dévaporation et
de filtration.
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