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Re: Question sur l'alcool 

Utilisation de l’alcool :

Depuis plus d’une quarantaine d’année, la littérature scientifique rapporte plusieurs travaux établissant un rapport direct entre la prolifération des micro-organismes dans l’entaille et un ralentissement, voire même l’arrêt prématuré de la coulée. Plusieurs méthodes ont par conséquent été développées pour inhiber ou à tout le moins contrôler la prolifération bactérienne afin d’accroître le rendement et améliorer les caractéristiques commerciales (couleurs) des sirops).

Aujourd’hui, seule une solution commerciale d’alcool ayant reçue l’homologation d’Agriculture Canada peut être utilisée pour effectuer un assainissement ou une désinfection partielle des tissus ligneux au voisinage immédiat de l’entaille ainsi que des équipements venant en contact avec ces mêmes tissus (chalumeau et mèche) et ce, uniquement au moment de l’entaillage.

Les résultat publiés relativement à une éventuelle augmentation de rendement associée à une telle désinfection ne sont toujours pas concluants. Même si on s’accorde généralement sur le fait que cette pratique permet une amélioration des rendements, l’importance de cette amélioration n’est que très rarement jugée comme étant significative. Il n’en demeure pas moins cependant que le soin additionnel apporté pour procéder à un entaillage de qualité ne peut qu’avoir des résultats positifs (ne serait-ce que l’image de précautions et de soin pour la ressource ainsi projetée par l’acériculteur au moment de blesser l’arbre). La désinfection de la blessure au moment de l’entaillage à l’aide d’une solution dûment homologuée demeure par conséquent une pratique hautement recommandable.

Procédures

  • N’utilisez que des produits convenablement étiquetés, s’identifiant explicitement comme étant des " désinfectants " et affichant une indication attestant que le produit a été homologué par Santé Canada pour être utilisé comme désinfectant à utiliser au moment de l’entaillage des érables.

  • En date de Janvier 2001, le seul produit répondant aux critères décrits au paragraphe précédent est un alcool dénaturé distribué sous l’appellation commerciale ADQ 2-J.

  • Ce produit est normalement dilué à 70% d’alcool. Ne pas le diluer avec de l’eau afin d’éviter une réduction souvent importante de son pouvoir désinfectant.

  • Ne pas ajouter ou mélanger toute autre solution (hypochlorite ou eau de javel, iodophore, acide organique, formaldéhyde…etc) à la solution originale. De tels mélanges, en plus de risquer d’atténuer le pouvoir désinfectant de la solution, la rendrait non conforme aux conditions d’utilisation prescrites par son certificat d’homologation.

  • Au moment de l’entaillage :

  • Localiser avec soin l’emplacement de l’entaille annuelle de façon à maximiser la zone d’exploitation sur le tronc;

  • Faites tremper le chalumeau ainsi que la mèche de l’entailloir pendant quelques secondes (typiquement 10 secondes ) immédiatement avant de percer l’entaille.

Assurer vous que la solution utilisée pour le trempage ne soit pas diluée par de l’eau provenant de la chute et remplacez-la au besoin.

 

  • À l’aide d’un pulvérisateur à gâchette, pulvérisez une quantité suffisante de solution pour obtenir un début de ruissellement sur l’écorce (environ 1 ml).

  • Percez l’entaille dans le centre de la zone mouillée en ayant soin d’assurer une bonne stabilité à l’entailloir de façon à faire une entaille ayant un forme parfaitement cylindrique, une pente légèrement orientée vers l’extérieur et d’une profondeur conforme à la norme d’entaillage utilisée.

  • Assurez vous que la mèche utilisée fasse une coupe nette du bois, avance sans trop d’effort et retire complètement les débris de bois coupée par la mèche.

  • Ne pas soufflez dans l’entaille ou introduire d’objets non désinfectés dans le but de retirer d’éventuels résidus de bois qui demeureraient dans l’entailles suite au retrait de la mèche.

  • Pulvérisez un petit volume de solution désinfectante directement dans l’entaille (environ 0,5 ml) et insérer délicatement le chalumeau dans l’entaille

Certains ne recommandent pas le trempage de la mèche ni la pulvérisation d’un volume de solution sur l’écorce avant de percer l’entaille. Une ou l’autre des méthodes devraient être assez équivalentes. Assurez-vous cependant de pulvériser un volume suffisant " dans " l’entaille avant d’y insérer le chalumeau.

Date d’entaillage

Aucun projet de recherche ne semble avoir été mené jusqu’à maintenant et qui nous permettrait de déterminer avec précision quelles seraient les règles qu’il faudrait appliquer afin de connaître la date d’entaillage d’une érablière en particulier. Certaines observations sont cependant à l’effet qu’une date d’entaillage trop précoce (début janvier) risquerait de pénaliser la coulée. Il est d’autre part évident qu’un entaillage qui ne permettrait pas de récolter les première bonnes coulées pénalisera certainement la rentabilité de l’efficacité de tout l’appareil de production. Il s’agit donc d’établir le meilleur compromis possible en tenant compte d’une part des éléments les plus susceptibles d’influer sur la date probable de la première coulée significative tels que l’âge et la composition du peuplement, la localisation de l’érablière, son altitude ainsi que de ses facteurs d’exposition et d’autre part, la disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée et capable d’appliquer rigoureusement les consignes permettant un entaillage de qualité.

Procédures

  • Sur la base des observations relativement au début de la coulée dans votre érablière, des renseignements pouvant être obtenues auprès d’acériculteurs exploitant des érablières dans le même secteur ou, à défaut de tels observations, sur la base des indications générales données au tableau 1, déterminez la période la plus probable pour les premières coulées significatives

A : La période la plus probable pour les premières coulées significatives serait :___________________________

  • Commencez l’entaillage au plus de quinze (15) à vingt (20) jours avant la date la plus probable des premières coulées significatives.

  • Utilisez un taux d’entaillage moyen (nombre moyen d’entailles de qualité pouvant être réalisées par une équipe d’entaillage et par jour de travail) qui tienne compte à la fois de la taille de votre érablière, de l’expérience de votre personnel de la difficulté d’accès et de circulation de votre érablière. Si vous ne disposez pas d’information se rapportant à votre érablière, on recommande d’utiliser un nombre variant entre 300 (petite érablières difficile d’accès)et 500 entailles (plus grande érablière) par jour et par équipe d’entaillage.

  • Pour déterminer le Nombre de Jours (NJ) requis pour l’entaillage d’une érablière comptant ___________ entailles (B) en supposant l’utilisation de __________ équipe(s) d’entaillage (C) qui maintienne chacune un taux d’entaillage de _________ entailles par jour et par équipe (D), complétez le calcul suivant (voir Tableau 2) :

 

  • Ce nombre de jours (NJ) doit être augmenté pour tenir compte de la perte de temps attribuables aux mauvaises conditions climatiques ou encore, pour tenir compte du temps requis pour procéder aux réparations de tubulure. On recommande d’utiliser un facteur de 1.25.

  • La date du début de l’entaillage est donc fixée par la date représentant la période la plus probable de la première coulée significative moins le nombre de jour requis pour compléter l’entaillage (NJ’)

B : Date du début de l’entaillage : ______________________________________

  • Il est recommandé de débuter l’entaillage par les collecteurs situées dans les parties chaudes et abritées de l’érablière de façon à minimiser les pertes de récolte advenant un début de coulée particulièrement précoce.

  • Puisque l’entaillage débute généralement alors que le bois est encore gelé, évitez d’enfoncer le chalumeau dans l’entaille. Il doit être seulement déposé pour éviter qu’il ne tombe.

  • Procédez à la désinfection de l’entaille et du chalumeau.

  • C’est uniquement lorsque la coulée est véritablement amorcée que le vide est appliqué au système.

  • En tout temps mais particulièrement en début de saison, évitez un martelage excessif du chalumeau. Le risque de fendre le bois de l’aubier est toujours présent et ces conséquences sont dramatiques aussi bien pour la cicatrisation de l’entaille, pour la contamination microbienne de l’entaille que pour l’étanchéité de l’entaille. Puisque l’entaillage débute généralement alors que le bois est encore gelé, évitez d’enfoncer le chalumeau dans l’entaille. Il doit être seulement déposé pour éviter qu’il ne tombe.

  • Appliquez le vide à un collecteur à la fois. Assurez-vous de l’étanchéité de chaque chalumeau avant de procéder au collecteur voisin. Les entailles qui demeurent plusieurs heures (sinon des jours) affectées de fuites importantes seront beaucoup plus difficiles à étancher et perdront évidemment tous les avantages associés à la désinfection de l’entaille.

 

Gaston B. Allard ing., agr.
1665, boul. Hamel
Édifice #2, local 1.06
Québec (Qc)
GIN 3Y7
Tel. : (418) 643-8903
Fax. : (418) 643-8350
Cour. Élect. gastonallard@centreacer.qc.ca

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